08-11-09
Je suis prof... j’improvise !
ACTU / Par Sylvain Grandserre - Maître d'école
Commençons par un petit rappel : sous l'impulsion du président de la république (02/06/08), le ministère recrutera les futurs professeurs après un Master 2 (bac +5, en économie par exemple) puis les enverra directement sur le terrain sans vraiment les préparer. Nous avions déjà une formation professionnelle (le savoir-faire pratique) parmi les plus faibles d'Europe (13 % du temps contre 50 % en Finlande). Nous voici
désormais avec les enseignants les plus diplômés de notre histoire, mais également les moins formés !
L'obsession (idéologique et économique) de fermer les IUFM pousse ce gouvernement à faire disparaître la formation qui allait avec. Mais devant certains détails de la procédure de mise à mort, les bras nous en tombent. Il n'y avait de toute façon pas de quoi applaudir...
En effet, dans le cadre des mesures transitoires entre l'ancienne formation et la nouvelle (façon de parler puisqu'il s'agit de la supprimer), il vient d'être décidé (circulaire du 20/08/09) de parachuter en classe des étudiants (PE1) sans aucune formation pour des stages en responsabilité totale (2 fois 2 semaines). Ils remplaceront ainsi des enseignants partis en stage, parfois même contre leur gré. Il n' est même pas prévu de
réelle transition avec le titulaire de la classe, en dehors d'une vague journée d'observation.
Notre administration, d'habitude si soucieuse de sécurité (sorties, taux d'encadrement, plan de mise en sureté, alerte incendie, agréments, surveillance de récréation, circulation d'élèves), semble n'avoir rien à redire au fait qu'on confie la totalité d'une classe d'une trentaine d'enfants en cours double à un étudiant
inexpérimenté n'ayant pas (encore) réussi le concours. Les étudiants accepteront certainement ce dispositif bien rémunéré basé sur le volontariat (3.000 € les 4 semaines, salaire totalement inconnu chez les professeurs des écoles), d'autant plus que l'éventuelle réussite au recrutement de juin entraînera
automatiquement la prise en charge d'une classe dès septembre... 2010 !
Bref, être professeur ne s'apprend plus mais s'improvise, aussi bien en stage que sur le terrain. Disparaissent des années de savoir-faire professionnels et de connaissances théoriques déjà insuffisamment transmis pour faire face aux nouveaux défis scolaires (élévation générale du niveau, prolongation des études, prise en compte de l'hétérogénéité, accueil d'élèves handicapés, lutte contre l'échec scolaire, informatique, langues vivantes). Voilà donc comment on passe de l'amphithéâtre au théâtre... d'improvisation en classe. Si c'est de l'art, c'est dramatique.
.
.
.
Luc Chatel va étendre le débat "identitaire" à l'école
ACTU/ être ou ne pas être français...
Le débat sur l'identité nationale souhaité par le gouvernement va être étendu à l'école, a annoncé le ministre de l'Education nationale Luc Chatel.
Ce débat a été lancé dans une partie des préfectures cette semaine par le ministre de l'Immigration Eric Besson, un ancien socialiste rallié à l'Elysée, qui entend discuter notamment de symboles comme la Marseillaise ou le drapeau et de la laïcité.
(Source Reuters) Pour lire plus :
http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE5A306620091104?pageNumber=1&virtualBrandChannel=0
.
;
Carte scolaire : un risque de ghettoïsation
ACTU / Rapport de la cour des comptes
L'assouplissement de la carte scolaire, instauré à la rentrée 2007, renforce la ghettoïsation des collèges "ambition réussite", ces établissements scolaires dont les élèves cumulent les difficultés sociales et scolaires. C'est ce que souligne un rapport de la Cour des comptes présenté mardi 3novembre devant la commission des finances du Sénat.
C'est au détour d'une enquête sur les dispositifs éducatifs dans les quartiers sensibles que les rapporteurs de la Cour ont découvert un phénomène de renforcement de la ghettoïsation des établissements difficiles, conséquence de l'assouplissement de la carte scolaire. Nombre d'observateurs s'en doutaient, mais personne ne pouvait en apporter la preuve, le ministère de l'éducation nationale refusant de communiquer sur le sujet. Désormais, une première indication chiffrée existe.
Dans son rapport, la Cour des comptes estime que, sur un total de 254collèges "ambition réussite", 186 ont perdu "jusqu'à 10%" de leurs élèves du fait de la réforme de la carte scolaire voulue par Xavier Darcos.
(Source Le Monde.fr)
.
.
02-11-09
*******
20 novembre : Réunion d'information à Langon
LE COLLECTIF / Citoyens, parents, enseignants, élus, nous vous invitons à assiter à notre prochaine réunion :
.
.
Un point sur
a
les réformes…
----------► Une logique budgétaire : il faut faire
des économies à tout prix !
----------► Désengagement de l’état :
vers la privatisation de l’éducation
----------► L’école et les enseignants sous
surveillance : un climat répressif
Malgré une forte mobilisation l’année dernière, les réformes
passent une à une,
affaiblissant
l’occasion de faire ensemble
sur la mobilisation à l’échelle locale et à l’échelle
nationale.
.
.
Vendredi 20 novembre
.
20h 30 aux
Carmes
Salle François
Mauriac
(entrée rue du marché à droite du bâtiment)
------------------------------------------------------- ---LANGON
Invitation à imprimer pour distribution et ou affichage :
Version PDF :
.
.
.
01-11-09
Projet d'affichage évolutif - novembre
LE COLLECTIF / Novembre
Voici l'affiche du mois de novembre. N'hésitez pas à la diffuser largement. Et n'oubliez pas que vous pouvez aussi nous soumettre des affiches que vous aurez imaginées pour les mois à venir. (ligne directrice : « l’école est toujours en danger ! »).
Version.pdf à télécharger :
novembre_carrosseb
Hubert Montagner : Article EJE Jardins d'éveil
ACTU / Une réflexion extrêmement riche et documentée à charge contre les jardins d’éveil que nous vous invitons à lire dans son intégralité !
Publié dans Le journal des Educateurs de Jeunes Enfants
Hubert Montagner, Psychophysiologiste dans le domaine du développement de l’enfant, Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de Recherche à l’INSERM, ancien directeur de l’Unité « Enfance inadaptée » de l’INSERM répond directement aux arguments des parlementaires en s’appuyant sur les besoins et rythmes du jeune enfant.
http://www.journal-eje.fr/formulaire/H.Montagner-jardins-d-eveil.pdf
.
;
;
Les maires refusent les EPEP
ACTU / seulement 14% des maires seraient favorables aux EPEP
Si les maires considèrent toujours l'école comme importante,
le pourcentage de ceux qui défendent les EPEP est tombé à 14% selon une étude
de l'ANDEV.
L'Association des directeurs de l'éducation des villes
françaises a tenu congrès fin octobre. A cette occasion, l'Andev a publié le
résultat d'un sondage réalisé auprès de centaines de maires. Selon cette étude,
seulement 14% des maires seraient favorables aux EPEP, ces structures imaginées
pour mettre à la tête des écoles un directeur chef d'établissement. Ils étaient
39% en 2001. L'enquête montre également que l'école reste une préoccupation
importante pour 97% des maires.
(Source Café Pédagogique)
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2009/11/02112009Accueil.aspx
.
.
.
Etude comparative de l'efficacité de l'aide individualisée avec celle des Rased
ACTU / La preuve de la nécessité des RASED
Une étude universitaire conduite en 2008-2009 auprès d'élèves bénéficiant des 2 h. d'aide individualisée en primaire montre que ce dispositif fonctionne bien dans 20 % des cas seulement. Inversement, l'aide apportée dans le cadre des Rased s'avère efficace pour 70 % des élèves suivis. L'étude portait au total sur 144 élèves.
« Selon l'étude, les difficultés rencontrées par les enseignants dans le cadre des 2 h. d' A.I. sont d'abord liées à un problème de diagnostic : certains élèves qui rencontrent des défaillances en matière de compétences sociales relèvent davantage des Rased ».
Le protocole de recherche évalue 125 compétences dans cinq champs distincts : compétences scolaires, cognitives, relationnelles, sociales, et implication de la famille. Les
questionnaires sont renseignés par les enseignants. On considère qu'ils
ont obtenu de « bons résultats » lorsque la courbe de progression des
élèves est haute et homogène pour les cinq blocs de compétences.
Les
chiffres recueillis révèlent que l'A.I. « n'est pas beaucoup conduite
dans les zones d'éducation prioritaire » car « les enseignants ont
conscience que les difficultés sont trop massives pour être résolues
avec 2 heures de soutien".
Les Rased font progresser 70 % des élèves
dans le champ des compétences sociales, 65 % pour les compétences
scolaires, 68 % en matière de compétences cognitives et 60 % dans le
champ des compétences relationnelles. L'implication des parents,
également mesurée, atteint un taux satisfaisant dans seulement 28 % des
cas.
Pour améliorer l'action des Rased, les chercheurs leur proposent de conduire un travail sur la « parentalité », de faire évoluer les techniques de la rééducation ou encore d'introduire des Rased dans le 2d degré.
en outre, ces 30 % d'élèves qu' ils ne parviennent pas à aider
relèvent-ils vraiment de la rééducation ou plutôt des Instituts
thérapeutiques éducatifs et pédagogiques ? (troubles du comportement
très lourds).
L'avenir réservé à la fonction de rééducateur
dans le cadre de la réforme de la formation des enseignants est
inquiétant. En quelques années, le nombre d'enseignants envoyés en
stage de spécialisation a chuté de « 250 à tout juste 40 », et «
supprimer des stagiaires est une autre manière de fermer les Rased ».
Sur les 3 000 Rased qui devaient être initialement supprimés, 1 500 ont
été « sédentarisés » dans des classes. Les 1 500 autres, selon les
départements, interviennent sur 1 ou 2 groupes scolaires et plus
rarement partagent leur temps entre la classe et une mission de Rased :
« chaque inspection académique a géré la situation comme bon lui
semblait. Résultat, c'est le flou total. Les zones rurales, déjà très
peu pourvues, sont dépossédées. »
(Source SNEP)
http://snep-faen.blogspot.com/2009/10/etude-comparative-de-lefficacite-de.html
.
.
.


